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Hydrographie du département de l’Ardèche

 

La rencontre du "talus" cévenol avec les masses d’air humide de la Méditerranée crée un réseau hydrographique bien "méditerranéen" avec tout ce que ce caractère implique de désordre et d’irrégularité dans les débits.

Le versant atlantique est représenté en Ardèche, mais il ne détourne à son profit que la Loire et quelques affluents de l’allier (Masméjean, Expézonnette), tandis que le versant méditerranéen domine : on peut l’appeler "versant rhodanien" puisque la totalité des eaux est finalement reçue par le Rhône. Alors que cinq rivières principales, Cance, Ay, Doux, Eyrieux, Ouvèze, collectent les eaux de la partie Nord (zone de terrains cristallins), une seule, l’Ardèche, rassemble les cours d’eau de la partie Sud (zone de terrains cristallins en amont et sédimentaires en aval).

Le caractère des pentes abruptes domine tout ce réseau hydrographique (chute de 1 000 m sur un trajet de quelques dizaines de km seulement). Ceci, joint au faible pouvoir de rétention des sols en général, explique l’interdépendance étroite du régime des eaux et de la pluviométrie : maximum automnal avec les pointes les plus dangereuses en septembre-octobre et second maximum en mars-avril ; étiage de juin à septembre avec un deuxième creux hivernal moins marqué (janvier- février). Les crues automnales des rivières ardéchoises, de type "cévenoles", causent d’importants dégâts matériels et ont déjà fait des victimes.

Les principaux cours d’eau du département

La Cance est réputée pour la pureté de ses eaux issues de terrains cristallins, cela permettait à la ville d’Annonay d’avoir d’excellentes papeteries et laveries de laines (industries qui exigent une très bonne qualité des eaux).

Le Doux aux brusques furies (été 1963) présente de redoutables convergences d’affluents (à Lamastre).

L’Eyrieux au débit également tout aussi inégal, relie St Martin de Valamas, Le Cheylard et La Voulte au confluent avec le Rhône.

L’Ardèche
se caractérise aussi par de telles convergences vers VALS lorsqu’elle rassemble la Fontaulière, le Lignon et la Volane, et plus bas vers Vallon-Pont-d’Arc quand elle reçoit ses plus gros affluents : la Beaume et surtout le Chassezac.

A l’exception notable des méandres des Gorges de l’Ardèche, le tracé de ces cours d’eau, assez souvent en baïonnette, s’explique par une pente générale, vers le Sud-Est, entrecoupée souvent de failles NE-SO. Ramené au km² de bassin versant, le débit des cours d’eau ardéchois à l’étiage est de l’ordre de quelques litres/s/km². Il est de l’ordre de plusieurs m³/s/km² au moment des crues centenaires, ce qui est considérable.

Les sources

Elles représentent bien sûr les disponibilités en eau potable :

  • Haut-Vivarais : 3 000 sources, 1.200 l/s
  • Arrondissement Privas-Largentière : 5 500 sources, 500 l/s

Les lacs et les étangs

Le seul lac naturel important est un ancien cratère : le lac d’Issarlès (altitude 1 000 m). Des lacs artificiels de barrages permettent des aménagements hydroélectriques (La Palisse, Le Gage, Lafigère) et parfois touristiques.