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La population de sangliers toujours sous surveillance en Ardèche

 

Le département de l’Ardèche accueille une importante population de sangliers. L’espèce trouve dans notre département des conditions naturelles qui lui sont très favorables : couverture forestière voisine de 50 %, abondance des landes, production naturelle de fruits forestiers tels que les glands, les châtaignes ou les faines.

Les nuisances engendrées par un trop grand nombre de sangliers

La population de sangliers se situe à un niveau élevé. L’Ardèche figure parmi les cinq départements français accueillant la plus forte population de cette espèce. Ce niveau élevé engendre des nuisances aux activités humaines :

• les dégâts agricoles sont fréquents ; ils engendrent des désagréments certains pour la profession agricole bien qu’ils soient indemnisés par la Fédération Départementale des Chasseurs ;

• les chemins ruraux, le patrimoine rural comme les murs de soutènement des terrasses, les petits canaux, sont parfois mis à mal par les boutis de sanglier ;

• quelques jardins potagers ou d’agrément sont détériorés.

Les sangliers peuvent aussi occasionner des collisions avec les véhicules, s’installer en milieu urbain, ou encore être les vecteurs de maladies communes au porc domestique.

En 2013, les dégâts de sangliers indemnisés par la fédération départementale des chasseurs ont connu une forte hausse, ils se situent aux environs de 450 000 €. Les dégâts sur vigne représentent une part prépondérante de ce montant et expliquent cette forte hausse.

La nécessité d’une forte pression de chasse

Il est donc demandé aux chasseurs de maintenir une pression de chasse élevée sur cette espèce. La fédération départementale des chasseurs a mis en place un dispositif complet qui comprend des prescriptions de chasse détaillées pour chacune des 28 unités de gestion que compte notre département. Une période de chasse anticipée est mise en place dès le 1er juin. Des journées de chasse supplémentaires sont prescrites pour les mois de janvier et février selon les besoins.
Pendant toute la saison, l’effort de chasse est comptabilisé et les résultats en sont analysés. Grâce à ce dispositif pensé par la fédération départementale des chasseurs, la très grande majorité des détenteurs de droits de chasse, qu’il s’agisse d’associations communales de chasse agréées ou de chasses privées, participe activement à la réussite de ces actions. Les sangliers prélevés lors de la dernière saison de chasse sont au nombre de 18 667 pour l’ensemble du département. Ce chiffre témoigne d’une forte implication des chasseurs mais aussi d’un niveau de population de sangliers qui reste trop élevé. La diminution progressive de ce chiffre en ce qu’il témoigne du niveau de la population n’a pas pu être constatée et l’effort doit donc être maintenu, voire amplifié sur certains territoires. Toutefois, l’explosion que l’on redoutait a été évitée, ce tableau de chasse dépassait 20 000 avant 2007.

Les attentes de l’État

Les services de l’État ont une attention particulière vis-à-vis de la participation de tous les chasseurs à cet effort de chasse. Le bénéfice d’une forte pression de chasse en termes de diminution de la population de sanglier peut, très vite, être annihilé par l’insuffisance de la chasse sur quelques communes seulement. Ainsi, le préfet a-t-il été amené à prescrire des opérations administratives de destruction de sangliers en mars 2013 sur quelques communes qui se distinguaient par une insuffisance notoire et répétée de pression de chasse.

L’action positive des lieutenants de louveterie pour relayer l’action de l’État sur le terrain

La réalisation de ces opérations est alors confiée aux lieutenants de louveterie qui sont des agents assermentés, auxiliaires de l’administration et placés sous l’autorité du préfet. Cette institution au savoir-faire précieux fête en 2013 ses 1 200 ans d’existence. Les lieutenants de louveterie en Ardèche témoignent des qualités de cette institution par leur très forte implication, leur organisation et leur connaissance du territoire. Ces louvetiers ont ainsi exécuté cette année 237 opérations prescrites par 154 arrêtés préfectoraux qui ont conduit à la destruction de 329 sangliers souvent sur les lieux mêmes des dégâts occasionnés par ces animaux. De puissants moyens qui dérogent à la réglementation de la chasse sont mis à la disposition de ces agents bénévoles. L’administration continuera à faire usage de ces possibilités de destruction soit pour réduire des dégâts, parfois à la demande même des chasseurs, soit pour que toutes les associations de chasseurs comprennent bien qu’il est attendu de leur part une forte implication dans la maîtrise de la population de sanglier par la mise en œuvre effective des modalités prévues par la fédération de chasse.

Un travail de concertation mené par la fédération départementale des chasseurs

La fédération départementale des chasseurs a la charge de proposer un cadre d’intervention rénové et conforté par l’expérience acquise, sous la forme d’un nouveau schéma départemental de gestion cynégétique pour six ans. Ce schéma doit être élaboré en associant à la démarche l’ensemble des acteurs du milieu rural et finalisé d’ici décembre 2014.