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La situation de la chasse en Ardèche

 

1. la mortalité de sangliers observée en 2013
Le deuxième semestre 2013 a été marqué par un épisode de mortalité atypique des sangliers qui concernait une trentaine de communes du Centre-Ardèche. Cette mortalité alors inexpliquée a concerné au final plus d’une centaine d’animaux sans que l’on puisse attribuer de manière certaine la mort de tous ces animaux à la même origine.
Les services de l’État ont été mobilisés dans toutes leurs composantes aux côtés de la fédération départementale des chasseurs pour suivre ce phénomène et tenter de poser un diagnostic sur la situation. Une interdiction de consommer la venaison de sanglier sur les 29 communes principalement concernées a été prononcée le 4 septembre 2013 à titre de précaution. La mobilisation des meilleurs spécialistes nationaux et internationaux, dans les laboratoires d’analyse, les écoles vétérinaires, les laboratoires de recherche, a finalement permis de poser un diagnostic. Il a été déterminé le 19 novembre 2013 qu’on était confronté à la maladie de l’œdème. Cette maladie connue chez les porcs n’est pas fréquente et n’a d’ailleurs pas été signalée par les éleveurs de porcs en 2013 en Ardèche. Cette maladie de l’œdème n’avait jamais été décrite chez le sanglier.
On trouve à l’origine de la maladie, une bactérie naturellement présente dans l’intestin et dans l’environnement. Dans certaines circonstances particulières, cette bactérie produit une toxine qui cause la mort d’une partie des individus concernés. Chez les porcs, le facteur déclenchant est notamment un changement de l’alimentation lors du sevrage. On ne connaît pas le facteur déclenchant de la production de cette toxine chez le sanglier et il n’est pas certain qu’il soit identifié un jour avec certitude car les études restent beaucoup plus compliquées sur la faune sauvage que sur les animaux domestiques qui évoluent dans un milieu beaucoup plus contrôlé.
Actuellement la mobilisation sur cette question reste nécessaire. La vigilance de terrain pour laquelle les chasseurs sont les mieux placés est recommandée même si aucun nouveau cas n’a été signalé depuis plusieurs semaines. Les informations sont toujours relayées par le réseau SAGIR (« Surveiller et AGIR dans le domaine sanitaire faune sauvage ») qui rassemble en particulier les fédérations des chasseurs et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.
Une réunion du groupe de travail sanglier se tiendra dans les premiers jours du mois d’avril 2014 pour tirer les enseignements de la gestion de cet épisode de mortalité de 2013. Des propositions d’organisation seront formulées pour être prêt à faire face à la survenance d’un nouvel épisode en 2014 et en particulier recueillir tous les éléments permettant de mieux expliquer la survenance du phénomène.

2. la maîtrise des populations de sangliers
L’inquiétude générée par cet épisode de mortalité a conduit des équipes de chasseurs à diminuer leur effort de chasse. Ainsi la fédération départementale des chasseurs a constaté au 30 novembre, à l’échéance du bilan intermédiaire, une baisse de la pression de chasse qui s’est concentrée sans surprise sur les unités de gestion sur lesquelles la mortalité a été observée, entraînant mécaniquement un recul du tableau de chasse de 883 sangliers sur les 7 unités de gestion concernées par rapport à 2012.
Aucun élément ne permet actuellement de penser que cette mortalité a eu un impact perceptible sur le niveau de la population de sangliers, sachant qu’une baisse notable des prélèvements conduirait à aborder le printemps 2014 avec de fortes craintes de dégâts agricoles en raison d’effectifs trop importants. Il a donc été demandé aux détenteurs du droit de chasse de tout mettre en œuvre en décembre, janvier et février pour rattraper le retard. Le préfet remercie les équipes de chasse qui ont fait le nécessaire pour redresser la situation en prélevant suffisamment de sangliers sur les trois derniers mois de la saison de chasse. Si des situations de déséquilibre devaient survenir au printemps, le préfet appellera également les chasseurs à se mobiliser autour des lieutenants de louveterie pour traiter efficacement ces situations dans le cadre de mesures administratives.

3. le schéma départemental de gestion cynégétique
Les fédérations départementales des chasseurs ont la responsabilité d’élaborer un schéma départemental de gestion cynégétique. Celui de l’Ardèche arrivant à échéance fin 2014, de très fortes attentes entourent la révision de ce schéma notamment en relation avec le niveau très élevé de la population de sangliers. L’Ardèche se classe toujours au cinquième rang des départements français pour le tableau de chasse sanglier.
Il devient plus que jamais nécessaire de retenir dans le cadre de la révision de ce schéma un objectif de réduction de la population de sangliers. L’épisode de mortalité de 2013 est venu totalement perturber le travail de révision engagé par la fédération départementale des chasseurs.
L’importance de la concertation à mener entre les différents acteurs, chasseurs, agriculteurs, collectivités territoriales, associations et la nécessité d’associer à ce nouveau schéma tous les chasseurs invite donc à reporter la présentation de ce travail par la fédération départementale des chasseurs. On ne comprendrait pas qu’en présence d’enjeux aussi importants, la précipitation conduise à une proposition minimaliste qui ne donnerait satisfaction à aucun des acteurs.

Le préfet a donc invité la fédération départementale des chasseurs à s’assurer que les attentes des différents acteurs seront prises en compte à un niveau qui permettra de trouver l’équilibre nécessaire à la réussite de ce travail et d’aboutir à un schéma ambitieux.