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Les peuplements forestiers en Ardèche

 

La chênaie

Les chênaies ardéchoises de chêne vert et de chêne pubescent (également appelé chêne blanc en raison d’un duvet blanchâtre qui recouvre la face interne de ses feuilles) couvrent la partie sud-est du département ainsi que la bordure de la vallée du Rhône

Dans les peuplements denses, les sous-bois sombres abritent peu d’espèces, le buis, la garance, le lierre et, en partie méridionale, la salsepareille. Jusqu’à 600 m d’altitude, les chênaies s’associent à l’érable de Montpellier et au cornouiller mâle. Viennent s’adjoindre sur sol acide la bruyère cendrée, la bruyère callune, la fougère aigle et le genêt à balais. Sur sols calcaires et dans les "gras"*, on rencontre le genêt scorpion, le filiaire à feuilles larges, l’aphyllante de Montpellier, le thym et le cade.

Le bois de Paîolive

Le bois de Païolive, composé principalement de chênes pubescents associés à d’autres espèces comme le buis, le micocoulier, le térébinthe, est un des sites célèbres du Bas-Vivarais. Situé dans la région des Vans, en lisière des Cévennes ardéchoises, il s’est développé sur un plateau calcaire dont la roche réagit à l’acidité des pluies. L’eau sculpte et façonne la roche, ainsi des formes inattendues composent un relief "ruiniforme".

La végétation dense associée à ce décor minéral constitue un ensemble remarquable. Plusieurs sentiers balisés ont été aménagés. C’est au pied de ces chênes que se trouve durant l’hiver le "diamant noir", ou truffe, désigné sur le nom savant de Tuber Mélanosporum.

*Gras : selon toute apparence, le vocable de gras (parfois orthographié grads) ne s’emploie que dans l’Ardèche méridionale avec le sens particulier de "terrain où affleurent des bancs de rochers calcaires".

Après la découverte de nombreuses feuilles de châtaigner fossiles, le conservateur du musée de paléontologie de La Voulte repérait en juin 1994, dans la carrière de diatomite de Saint-Bauzile, la première châtaigne fossilisée. Ces traces permettent d’affirmer la présence du châtaigner en Ardèche, il y a 8,5 millions d’années.

À partir du XVIIe siècle, la culture du châtaignier s’est développée sur toute la zone cristalline constituée en particulier de granite des Cévennes et des Boutières. S’il ne pousse pas sur terrain calcaire, le châtaignier se plaît tout particulièrement à développer ses racines dans le "gaur", résultat de l’altération du granite sous l’action de l’eau qui pénètre au travers des particules de mica. Il ne craint pas les gelées printanières, mais redoute les grands froids, les vents violents. L’ubac lui est favorable jusqu’à 500 m d’altitude. À l’adret, il s’étage plus haut entre 500 et 800 m.

Au XIXe siècle, la châtaigneraie ardéchoise occupe 60 000 hectares. À cette époque-là, la châtaigne constitue la base de l’alimentation.

Au cours de notre siècle, la culture du châtaignier a décliné et seuls 4 000 à 5 000 hectares sont encore entretenus et exploités dans les Boutières, des Cévennes ardéchoises, le Nord-Vivarais, ainsi que la vallée de l’Eyrieux.

La hêtraie-sapinère

Les hêtraies-sapinières ardéchoises se retrouvent dans de nombreux massifs domaniaux (Bonnefoy, Borée, Mazan, Chambon) localisées au-dessus de 1000 m d’altitude. Le hêtre ou "fayard", espèce d’ombre, se retrouve le plus souvent en versant ubac.

Les hêtraies-sapinières sont également présentes dans les Hautes-Cévennes (Chap del Bosc). Le sapin a été privilégié, son exploitation régulière reste un élément important de l’économie de cette région.

La forêt de pin sylvestre

Elle se développe jusqu’à 1200 m d’altitude et occupe les versants et les plateaux du Nord-Vivarais, des Boutières, de la vallée de l’Eyrieux, et les pentes des Hautes-Cévennes.

Essence colonisatrice, le pin sylvestre croît sur les sols les plus variés. dans notre département, il ne constitue généralement qu’une formation végétale transitoire. Son couvert léger permet l’implantation d’autres espèces : chêne.

C’est une espèce exigeante en lumière, qui résiste bien au froid et à la sécheresse. Sur sols acides, le pin sylvestre est souvent associé à la bruyère callune. Sur les sols schisteux ou granitiques, cette pinède et la myrtilleraie du sous-bois constituent un milieu intéressant pour la faune.

La forêt de pin maritime

Naguère peu présent en Ardèche, le pin maritime, plus connu sous le nom de pin des Landes, se rencontre principalement dans la région des Cévennes ardéchoises. Les terrains gréseux lui sont favorables (environs d’Aubenas et des Vans). Très colonisateur, le pin maritime envahit rapidement les terrains à l’abandon.

À la fin du XIXe siècle, il a été introduit dans les basses Cévennes pour produire des étais destinés aux galeries des bassins miniers cévenols (Alès, La Grand’ Combe) et ardéchois (Largentières, Prades). Actuellement peu valorisé, il pourrait être utilisé pour la fabrication de palettes, de pâte à papier,et de menuiseries diverses.

La douglasaie

Le douglas est originaire de la côte ouest des États-Unis, il a été introduit en France au début du XIXe siècle par D. Douglas.

Le douglas est parfois commercialisé sous l’appellation "pin d’Oregon", notamment pour les bois d’importation.

Utilisé en plantation forestière dès le début du XXe siècle, il connaît un véritable essor après la seconde guerre mondiale et s’impose en France comme la première essence de reboisement dès les années 1970.

Il est largement implanté sur le rebord est du Massif central (Rhône, Loire, Ardèche) où il a trouvé des conditions de milieu favorable à son développement.

Arbre de pleine lumière, il affectionne les sols légers, acides et frais, et les régions bien arrosées. Il se plante en général en moyenne montagne à des altitudes variant de 600 à 800 m.

Le choix des régions de provenance des graines (lieux d’origine dans son aire naturelle) est important car il conditionne la sensibilité aux gelées printanières, à la branchaison plus ou moins importante.

Sa croissance rapide en bonne station, son bois d’excellente qualité, expliquent son intérêt dans notre région.