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74ème anniversaire du Massacre du Hameau des Crottes

 

Ce dimanche 4 mars 2018, le préfet de l’Ardèche, Philippe COURT a présidé la cérémonie du 74ème anniversaire du Massacre du Hameau des Crottes à Labastide-de-Virac, en présence des autorités civiles et militaires.

 

Retrouvez ci-dessous l’intégralité du discours prononcé par M. Philippe COURT, préfet de l’Ardèche :

"Dans ce qui était un lieu de quiétude, il y a 74 ans, quinze civils, habitants de la commune, furent fusillés par les soldats d’une Panzer division, en représailles d’un combat, perdu quelques jours auparavant, contre les membres du maquis Bir Hakeim.
Quatre jeunes de 15 à 18 ans, quatre femmes et sept hommes. Cinq familles.
Saison après saison, la pluie et le soleil ont poli l’impact des balles, et les traces noires de l’incendie des bâtiments agricoles ont maintenant disparu.
Mais, pour que la mémoire de ce massacre ne s’érode pas non plus à son tour, pour qu’elle reste toujours vive, il faut pleurer les morts.
Il faut pleurer les morts, et se souvenir que ce 3 mars 1944, au cours de ce massacre, la vie humaine fut comptée pour rien. Le néant devint un but.
Ce qui s’est passé, ici, ne fut pas seulement un drame de la guerre ou une tragédie épouvantable. Ce fut une abomination ; une abomination qui suscite, toujours aujourd’hui, effroi et dégoût.
Ce fut une abomination, car les bourreaux qui commirent ce massacre, renoncèrent à toute conviction, à toute intention, à tout précepte moral. Ils s’abandonnèrent à ce qu’Hannah Arendt décrivit plus tard comme l’effroyable « banalité du mal ».
Ce massacre, comme ceux hélas qui furent commis dans d’autres lieux de martyres au cours de la seconde guerre mondiale, concentre tout ce qui nous révulse : le renoncement à la dignité et à la préservation de la vie humaine.
Si ce massacre inspire du dégoût, il doit aussi nous révolter, car notre conscience collective, notre civilisation proclame, depuis des siècles, que la vie de l’autre est un sanctuaire.
Et pourtant, le 03 mars 1944, tout cela fut piétiné.

Dans cette cohorte douloureuse des communes ardéchoises qui connurent morts de civils, opérations de représailles et exécutions d’otages, Labastide de Virac est rejoint par les communes du Cheylard, de Sanilhac, de Saint- Barthélémy-le-Meil ; de Pranles, de Banne, de Bourg-Saint-Andéol ; Rompon ; Tournon-sur-Rhône
Aussi, si nous sommes réunis, 74 ans plus tard, c’est pour réaffirmer le devoir impérieux d’être de fervents passeurs de mémoire pour les générations actuelles et futures.
Je connais l’importance que revêt, en Ardèche, le souvenir de la Résistance. Et je tiens à saluer, ce matin, les associations des anciens combattants et résistants ardéchois, et ceux qui, au sein de l’association du musée de la résistance et de la déportation, font vivre les figures ardéchoises de la résistance.
L’Ardèche ne fut pas épargnée par la seconde guerre mondiale.
Les stèles, les monuments de pierre ou les modestes plaques, qui constellent du Nord au Sud le territoire ardéchois, sont aujourd’hui autant de témoins des souffrances éprouvées et des combats menés pour la Liberté.

Alors souvenons-nous. Souvenons-nous de ceux qui ont péri et de ceux qui ont combattu.
« Les souvenirs sont nos forces. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates comme l’on allume de grands flambeaux » (Victor Hugo)

 
 

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