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Point de situation suite au comité départemental grands prédateurs de l’Ardèche du vendredi 20 mai

 

Des attaques de troupeaux ont repris ces derniers mois sur le territoire ardéchois, en particulier sur le plateau du Coiron et le secteur de Gourdon - Mézilhac. Thierry DEVIMEUX, préfet de l’Ardèche, a réuni vendredi 20 mai le comité départemental grands prédateurs de l’Ardèche, sous la présidence de Patrick LEVERINO, sous-préfet de Largentière.

Le comité a réuni autour du représentant du préfet l’ensemble des parties prenantes : élus locaux, services de l’État (DDT, OFB, DRAAF, lieutenants de louveterie), chambre d’agriculture, syndicats agricoles, éleveurs, fédération la chasse et associations de protection de la nature, ainsi que les députés et sénateurs ou leurs représentants.

Depuis le début de cette année, 10 élevages ont subi des attaques principalement sur des troupeaux ovins et la responsabilité du loup n’est pas écartée après expertise pour 8 de ces attaques, dernièrement sur les secteurs de Gourdon et Mézilhac, dans le voisinage immédiat des crêtes du Coiron où ont eu lieu les attaques précédentes. Une photo d’un loup a été prise le soir du 19 avril à Berzème, aucune autre observation n’a pu être faite depuis malgré les pièges photos installés.

Le sous-préfet et les différents membres du comité ont échangé autour des points principaux suivants :

1. Gérer la crise actuelle par un effort sensible de protection des troupeaux par les éleveurs :

La première réponse nécessaire face à la situation est d’améliorer la protection des troupeaux contre d’éventuelles nouvelles attaques. Les services de l’État disposent de stock limité mais disponible immédiatement de clôtures amovibles qui peuvent être données aux agriculteurs qui subissent des nouvelles attaques.

Les éleveurs sont surtout incités à déposer, avant la date limite fixée chaque année au 31 mai, les dossiers qui leur permettront d’accéder à l’accompagnement financier (80%) de l’État et de l’Union européenne (FEADER) pour acquérir des moyens de protection.

Les protections par fils ou filets électrifiés complétées par la présence de chiens de protection (de type patous) avec les brebis sont des moyens efficaces, qui ont fait leur preuve dans les autres départements de l’arc alpin confrontés de longue date à la présence du prédateur. Une conduite adaptée des troupeaux permet de compléter encore le dispositif préventif.

Les éleveurs ont partagé les difficultés spécifiques liés au territoire ardéchois, en fortes pentes, empierré, embroussaillé, qui rendent plus difficile la mise en place de clôtures sécurisées, et engendre un surplus de travail conséquent pour eux. Il a été convenu d’approfondir la réflexion avec les acteurs de terrain dans les prochaines semaines.

2. Les possibilités de tirs :

Les dispositifs réglementaires permettant de se protéger du loup au moyen de tirs ont été précisés.

Tous les éleveurs peuvent réaliser des tirs d’effarouchement.

Lorsque les moyens de protection sont fonctionnels, des tirs de défense à proximité immédiate des troupeaux sont accordés sur demande des éleveurs auprès de la direction départementale des territoires. Les autorisations listent les chasseurs habilités à intervenir à tour de rôle, 1 seul par opération, dans le plus strict respect des règles de sécurité. Il s’agit alors de stopper une éventuelle attaque sur le troupeau, au moment où elle a lieu et malgré les protections mises en place.

3. Construire une stratégie à moyen terme :

Le comité a permis de partager que l’action en faveur des éleveurs, que tous les acteurs identifient comme une priorité, doit s’inscrire pleinement dans le cadre des mesures graduées d’intervention prévues par le plan national « Loup et activités d’élevage ». Afin de respecter l’équilibre nécessaire entre la protection du loup (il s’agit d’une espèce protégée par la loi), et la continuité des activités d’élevage en Ardèche, le préfet de l’Ardèche souhaite construire une stratégie collective de moyen terme.

En cela, des études de vulnérabilité réalisées dans les élevages permettront de proposer les réponses de protection et d’adaptation des élevages les plus pertinentes. Un accompagnement technique par les services de l’État et la chambre d’agriculture sera proposé à tous les éleveurs qui le souhaitent.